Illustrer la Bible : divergences et convergences chez les chrétiens et les juifs – Roxane AMSELLEM

L’élaboration de l’iconographie chrétienne – Jeudi 7 avril à 18h30 en amphi René Rémond (2e étage)

Roxane AMSELLEM, Doctorante en Histoire de l’art, Université Paris Ouest Naterre-La Défense .

Roxane Amsellem est actuellement en sixième année de thèse sous la  co-direction du professeur d’histoire romaine Hervé Inglebert, et du professeur émérite d’histoire de l’art médiéval Jean-Pierre Caillet,  à l’université Paris-Ouest Nanterre la Défense. Durant quatre ans, Elle a été chargée de cours dans cette même université, aux départements d’histoire et d’histoire de l’art.

Elle achève cette année son doctorat qui s’intitule : la symbolique de la couronne dans les sources juives et chrétiennes tardo-antique. Cette étude, pluridisciplinaire, recoupe les sources textuelles et iconographiques des deux religions afin de mieux comprendre les interactions culturelles qui les animent.

Résumé de la communication

Doura-Europos - Fresque - Moïse sorti du bainLa découverte, en 1932, de la synagogue de Doura Europos, datée du IIIe siècle (244-245), marque un tournant décisif en ce qui concerne les liens entre l’art juif et l’art chrétien.  Et pour cause : les murs de cette dernière sont entièrement décorés de fresques divisées en trois registres, eux-mêmes subdivisés en panneaux illustrant des épisodes bibliques. Ainsi, il résulte clairement de la variété des thèmes abordés – qui semblent être choisis dans un but symbolique – et du style des peintures que l’art de Doura a une longue tradition derrière lui. L’hypothèse de départ est de penser, en se fondant sur l’existence des peintures de Doura Europos, que des manuscrits juifs illustrés auraient pu servir de modèles aux peintures murales de la synagogue. Or, les premières bibles juives illustrées que nous connaissons datent du XIIIe siècle. Mais les chercheurs font valoir le fait qu’il est possible d’attester de leur existence de manière indirecte, grâce aux miniatures des manuscrits bibliques chrétiens datant du Haut Moyen Age et qui montrent d’évidentes marques d’influences juives. Ainsi, par la médiation de leurs descendants indirects, pourrait-on établir l’existence et les principales caractéristiques des illustrations accompagnant le texte de très anciennes bibles aujourd’hui disparues. Dès lors, des chercheurs se sont employés à relever les traces de cette influence juive dans les manuscrits chrétiens. Dans cette présentation, nous donnerons quelques exemples de ces « influences juives » sur l’art chrétien à partir de l’étude iconographiques des fresques de la synagogue de Doura Europos.

Éléments de bibliographie

Carl Hermann Kraeling, Excavations at Dura-Europos… -Final report, New Haven, Yale University press, 1956.

Erwin Ramsdell Goodenough, Jewish symbols in the Greco-Roman Period. Volume nine, Symbolism in the Dura Synagogue. The first of three volumes, Text, i, coll. « Bollingen series ; 37 »; 1964.

André Grabar, « Le thème religieux des fresques de la synagogue de Doura », dans les Cahiers de l’archéologie,1941, no 123.

Elisabeth Revel-Neher, « l’iconographie judéo-chrétienne en milieu byzantin : une source de connaissance pour l’histoire du monde juif à l’époque pré-chrétienne et talmudique », dans Mélanges d’André Néher, 1975, pp. 306/316