Pour une petite histoire de la musique : sainte Cécile, patronne des musiciens – Amandine LEBARBIER

L’élaboration de l’iconographie chrétienne – Jeudi 7 avril à 18h30 en amphi René Rémond (2e étage)

Amandine LEBARBIER, Doctorante en littérature générale comparée, Université Paris Ouest Nanterre-La Défense.

Amandine Lebarbier est agrégée de lettres modernes et prépare une thèse en littérature générale et comparée sous la direction de William Marx et d’Emmanuel Reibel à Paris Ouest Nanterre La Défense. Ses travaux de recherche portent sur la figure de sainte Cécile dans les arts au XIXe siècle.

Elle est également chargée de travaux dirigés à Paris Ouest Nanterre La Défense en licence 1 et licence 2.

Elle est membre du collectif  LiPothétique qui réunit les doctorants en littérature comparée de Nanterre : https://lgcdoc.hypotheses.org/contact

Résumé de la communication

S6 - Icono chrétienne - Amandine Lebarbier - Extase de Ste CécileLa communication proposée porte sur la figure de sainte Cécile et plus particulièrement sur l’instrumentalisation dont elle a fait l’objet dans l’iconographie chrétienne et musicale. En  effet, si la sainte est connue pour être la sainte patronne des musiciens, rien dans le texte de la Passio ne la prédestinait pourtant à ce patronage. On essayera de montrer ainsi comment sainte Cécile s’est imposée progressivement comme une figure musicale, entrant en concurrence avec d’autres allégories de la musique, avant de s’imposer comme une sainte patronne légitime car légitimée par une conception de la musique qu’elle devait incarner. On proposera ainsi  un bref aperçu diachronique des représentations iconographiques de la sainte, qui s’inscrivent dans une certaine conception de la musique (et plus précisément de la musique d’église), et qui révèlent la transformation progressive de sainte Cécile en une musicienne avertie. Un temps sera ainsi consacré à l’étude du tableau de Raphaël, L’extase de sainte Cécile, qui fonde sa postérité dans les arts et illustre la conception tripartite de la musique et du rapport privilégiée qu’elle est censée instaurer entre Dieu et les fidèles.

Enfin, il s’agira d’ancrer plus particulièrement notre propos au XIXe siècle, afin d’étudier la présence de sainte Cécile dans les arts, à la fois en peinture, en musique et en littérature. Dans cette perspective, on pourra montrer le riche dialogue que la figure permet de nouer entre les arts et les multiples récupérations dont elle fait l’objet, se faisant à chaque fois le support d’une certaine conception et définition de la musique, de l’écoute, mais aussi et plus généralement de la pratique musicale féminine.

Éléments de bibliographie

CONNOLY, Thomas, Mourning into joy : music, Raphael, and Saint Cecilia, (1930), Yale University Press, 1997, 365 pages.

DESSÌ, Paola, Cantatibus organis, Musica per i Francescani di Ravenna nei secoli XIII-XIV, Bologne, CLUEB, 2002, 143 pages.

STAITI, Nicolo, Le metamorfosi di santa Cecilia, L’immagine et la musica, Lucca, Libreria Musicale Italiana, 2002, 129 pages.